THE (PSYCHO)SOMATIC ZONE naît de la collision pure et immédiate du corps et de l’esprit.
Dans cette zone réflexe, la sensation précède le mot et l’intellect perd son rôle de médiateur. « Abandonnez tout espoir, vous qui entrez », prévenait Dante à la porte des Enfers. Ici, c’est aux artifices qu’il nous faut renoncer.
Dans cette zone réflexe, la sensation précède le mot et l’intellect perd son rôle de médiateur. « Abandonnez tout espoir, vous qui entrez », prévenait Dante à la porte des Enfers. Ici, c’est aux artifices qu’il nous faut renoncer.
Dans la partie droite de l’espace, couleurs, gestes et pulsations semblent faire vaciller la raison. Dans les clips de Pipilotti Rist, la joie surgit, crue et éclatante, mais se mêle aussitôt à la gêne. Le familier et l’étrange coexistent, une mélodie connue bientôt troublée par une voix distordue ou une image inattendue. Le regard oscille entre confort et malaise, l’oreille entre répétition et dissonance. Le plaisir est immédiat, mais jamais tout à fait apaisant.
En entrouvrant l’accès à sa psyché, l’artiste nous renvoie au tumulte de nos propres affects. La colère, frôlée de démesure, finit par ouvrir une brèche de liberté. La chute — les faux pas, les ratés, l’effondrement — appelle, obstinée, la reprise, le recommencement. On devine la joie farouche d’un corps éprouvé mais insoumis, et la lutte épuisante pour se conformer aux exigences qui pèsent sur lui.
Les œuvres de Pipilotti Rist tirent sur les nerfs. Elles refusent la distance, forcent l’intimité, déplacent les lignes entre ce qui est montré et ce qui est ressenti. Presque palpables, elles exercent sur nous une pression sourde. Et sous ce poids, quelque chose en nous s’effrite, quelque chose s’éclaire.
En entrouvrant l’accès à sa psyché, l’artiste nous renvoie au tumulte de nos propres affects. La colère, frôlée de démesure, finit par ouvrir une brèche de liberté. La chute — les faux pas, les ratés, l’effondrement — appelle, obstinée, la reprise, le recommencement. On devine la joie farouche d’un corps éprouvé mais insoumis, et la lutte épuisante pour se conformer aux exigences qui pèsent sur lui.
Les œuvres de Pipilotti Rist tirent sur les nerfs. Elles refusent la distance, forcent l’intimité, déplacent les lignes entre ce qui est montré et ce qui est ressenti. Presque palpables, elles exercent sur nous une pression sourde. Et sous ce poids, quelque chose en nous s’effrite, quelque chose s’éclaire.